Dans l’univers de la mode haïtienne, certains défilent, d’autres s’élèvent. Dalinx Benjamin, alias « Sky », marche au-dessus des doutes comme on marche sur les nuages, traçant dans le ciel de son pays la silhouette d’une ambition rare.
À 28 ans, Dalinx Benjamin porte son âge comme un trophée invisible : celui de la résistance. Chaque année passée est une couture serrée sur l’étoffe de sa vie, un point qui retient ses rêves pour qu’aucun vent ne les emporte. Ce n’est pas le temps qui l’a forgé, c’est l’épreuve, la persévérance et la fierté de rester debout.
Sous le nom de scène « Sky », il a choisi l’altitude comme symbole. Né le 28 janvier 1997 à Quartier-Morin, commune située à l’entrée sud-est du Cap-Haïtien, il fait de ses racines une rébellion stylistique. Sa commune, entre mer et histoire, n’a pas dicté sa mode : elle l’a nourrie d’une soif d’originalité, d’un refus des carcans. Là où d’autres se fondent, Dalinx décide de s’élever.

La révélation surgit en 2017, sur les bancs du Lycée National Philippe Guerrier du Cap-Haïtien. Il était en terminale. Un ami, mi-taquin mi-sérieux, lui souffle : « Tu es mince comme si tu refusais de manger, tu devrais défiler ! » Quelques pas plus tard, il foule pour la première fois un podium.
Ce jour-là, tout a changé pour Dalinx. Les applaudissements sont des vagues, mais lui entend surtout un murmure unique… Ce défi, il le relève, et ce premier passage sur le podium devient la révélation d’un potentiel qu’il ignorait lui-même.

Ce qui le guide ? La puissance des émotions. Sky ne marche pas, il raconte. Dans chaque posture, il sculpte l’air ; dans chaque regard, il écrit une phrase silencieuse ; dans chaque pas, il signe une émotion. Il ne se contente pas de montrer, il transmet. Ses défilés sont des lettres ouvertes au monde, écrites dans la langue de son corps.
Loin des clichés, il entretient sa silhouette avec modestie. Quelques exercices, beaucoup de discipline, mais surtout un travail mental constant : semer la positivité, cultiver la concentration, habiller l’esprit avant d’habiller le corps. Car pour lui, le premier vêtement d’un mannequin, c’est la force intérieure.

Pour le jeune morinois, un mannequin est un créateur d’images et un messager. Même sans designer derrière lui, il invente, innove, fait naître des visions inédites. Sur la scène sacrée de la Fashion Week, il offre son temps, son amour et son énergie pour magnifier les œuvres des créateurs haïtiens et porter avec eux un message de fierté nationale.
L’horizon de Dalinx Benjamin est vaste : ouvrir une école de mode en Haïti, et un jour, voir son visage en couverture des plus grands magazines du monde. D’ici là, il continue à coudre ses rêves dans le tissu du réel. Car dans le « Sky » qu’il dessine, chaque nuage est une promesse, et chaque aurore, un pas de plus vers la lumière.
